Frites ou salade?
Dernière mise à jour — 12 mars 2026
Tu es au restaurant, c’est le moment de passer ta commande. Le serveur te demande « frites ou salade avec ça ? » et tu hésites… Peut-être as-tu envie de manger des frites, mais la salade te semble être un choix plus raisonnable. Que commanderas-tu ?
Nos choix alimentaires sont souvent le résultat d’une bataille entre le plaisir, la santé et la préoccupation de gérer notre poids. Plusieurs facteurs peuvent être considérés lorsqu’on fait un choix : la valeur nutritive, le coût, nos croyances, le marketing, mais aussi notre niveau de faim, nos préférences et nos envies du moment. Que tu choisisses les frites ou la salade, ce qui importe, c’est de comprendre pourquoi tu fais ce choix.

La restriction cognitive ou ta police alimentaire intérieure
– J’ai tellement envie de prendre les frites, mais je sais que je ne devrais pas…
Et si je te disais que le simple fait de catégoriser les frites comme un « mauvais » aliment peut augmenter ton envie d’en manger. Lorsqu’on tente de contrôler son poids ou de faire des choix santé à tout prix, notre alimentation finit par être dictée par des règles externes et des croyances qui nous poussent à éviter les aliments perçus comme mauvais justement. C’est ce qu’on appelle la restriction cognitive. C’est ta police alimentaire intérieure.
Le problème avec ça, c’est que les aliments interdits deviennent plus attirants, tu l’as peut-être remarqué. Ça va aussi te demander encore plus d’effort pour résister et même mener à des pensées obsessives envers les aliments à éviter. Plus tu résistes, plus tes envies persistent.
Qu’arrivera-t-il si tu t’obliges à prendre la salade alors que ton cœur penche pour les frites ? Un sentiment de privation, d’insatisfaction, voire de la frustration. Tu auras peut-être l’impression d’avoir mangé « léger », ce qui pourrait aussi t’inciter aussi à te « permettre ». Comme un sentiment de sécurité. Malheureusement, il n’est pas rare que, lorsqu’on va à l’encontre de nos envies réelles, on mange davantage au final.
Opportunité et permission conditionnelle de manger
– Les frites… mais juste cette fois, je me gâte!
Et si tu te permets de manger des frites, juste pour cette fois. Tu te dis, je le mérite, après tout. Peut-être que la pensée d’en profiter parce que c’est une occasion spéciale te traverse l’esprit, ou que parce que ta semaine a bien été, ta police alimentaire est rassurée. Peu importe la raison, on en trouve toujours une pour contourner nos propres restrictions.
Mais si tu ne te permets cet aliment que « juste cette fois », seras-tu capable de t’arrêter à un niveau de rassasiement confortable ? Probablement pas. L’idée que c’est une opportunité unique rend difficile l’écoute de son corps : c’est trop bon, il faut en profiter ! On mange alors au-delà de sa satiété, ce qui mène à un inconfort physique. En se disant, avec culpabilité, que demain, on fera plus attention, on perpétue le cercle vicieux de la privation.
Et si les frites étaient santé, quel serait ton choix ?
Imagine un instant : si les frites n’influençaient ni ton poids ni ta santé. Si elles n’étaient pas perçues comme une « tricherie », mais simplement comme des patates frites. Point.
C’est peut-être difficile à concevoir pour le moment.
Poussons l’exercice plus loin : si tu étais obligée de manger des frites tous les jours, en aurais-tu autant envie ?
En éliminant l’interdit, on diminue l’attrait superficiel généré par la restriction. Lorsque les frites reprennent leur place de simple aliment parmi d’autres, elles tombent de leur piédestal. Tous les aliments se retrouvent sur un même pied d’égalité. Cela nous permet de reconnaître nos envies sans jugement et de nous satisfaire d’une quantité réellement juste.
Aucun aliment n’a le pouvoir de nous faire prendre ou perdre du poids ni de nous garantir la santé. Notre corps ne fait pas la distinction entre l’énergie provenant d’un aliment dit « nutritif » ou non : il utilise cette énergie pour combler notre faim.
À l’inverse, je le rappelle, la restriction nous amène souvent à en manger en excès parce qu’on ne sait pas quand on aura l’opportunité d’en manger. Parfois, la culpabilité amène souvent une pensée « tout ou rien » : tant qu’à avoir gâché ma journée, je vais finir l’assiette et je me reprendrai demain. Dans d’autres cas, on ressent le besoin de profiter de chaque opportunité.
L’importance de la satisfaction
Une alimentation équilibrée ne se limite pas aux nutriments que contiennent nos aliments. Il est sain et normal de manger des aliments simplement par plaisir, sans avoir à justifier quoi que ce soit.
On ne mange pas seulement pour nourrir notre corps ; on mange aussi pour satisfaire un besoin psychologique lié à l’alimentation. Faire place à la satisfaction améliore globalement ta relation avec la nourriture et réduit les envies irrépressibles qui surviennent même en l’absence de faim.
Reconnaître ses envies de manger sans se juger
Tu as le droit de choisir les frites, sans culpabilité. Tu as le droit de choisir la salade, sans que ce soit une punition ou une stratégie de santé. Tu as le droit d’écouter tes envies, tout simplement. Personne n’a à juger ton choix, surtout pas toi.
L’un des piliers de l’alimentation en pleine conscience est de faire des choix sans ce jugement constant de la police alimentaire. Comment, te demande-tu peut-être ? En te reconnectant à ta sagesse intérieure et au moment présent. Le contexte, tes besoins et tes envies réelles remplacent le contrôle constant. Il est beaucoup plus facile et satisfaisant de maintenir une alimentation équilibrée à long terme lorsqu’elle n’exige pas un effort de volonté épuisant.
Donc, frites ou salade ?
Si tu m’as lu jusqu’ici, tu as déjà compris qu’il n’y a pas un choix meilleur que l’autre. En fait, tout dépend vraiment de pourquoi on fait ce choix. En fonction d’un contrôle externe, ou en fonction de tes envies et tes besoins dans le moment présent ? Avec le temps, le contrôle et la culpabilité font place à plus d’écoute de soi et à une relation plus sereine avec la nourriture.
Qui sait ? En faisant de la place à tous les aliments, tu te surprendras peut-être à avoir envie d’une salade rafraîchissante à l’occasion… ou à laisser quelques frites dans l’assiette, simplement parce que tu sais que tu pourras en remanger dès que tu en auras vraiment envie.
Tu t’es reconnu dans cet article ?
Faire confiance à son corps peut sembler insécurisant, voire impossible quand on a passé des années à le contrôler. À force d’ignorer nos signaux, on finit par ne plus les entendre.
C’est ma mission de t’aider à retrouver cette connexion. Il est possible de se libérer de l’emprise du contrôle pour retrouver le plaisir de manger selon tes besoins réels.
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Références
Robinson, J. et coll. Heath at every size – a compassionate, effective approach for helping individuals with weight-related concerns-part 2. AAOHN Journal, 2007, 55(5), 185 -192.
Markowitz, J. et coll. Perceived deprivation, restrained eating and susceptibility to weight gain. Appetite, 2008, 51, 720 -722.
Cet article est partagé à des fins éducatives seulement et ne remplace en aucun cas les recommandations personnalisées d’un professionnel de la santé. Chaque personne est unique et votre situation pourrait être différente de ce qui est présenté.
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Passionnée par les liens entre la présence attentive, notre alimentation et nos comportements alimentaires, j’ai à cœur de faire rayonner cette approche qui cultive une relation plus douce avec soi-même. N’hésitez pas à me contacter pour être accompagné dans votre cheminement ou encore pour une demande de conférence ou de collaboration.
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Commentaires
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Merci pour cet article. Je suis tout à fait d’accord. J’ai commencé à l’appliquer, sans savoir vraiment si la logique nutritionnelle s’appliquait.
Ce qui m’aide vraie, c’est de me motiver à écouter mes propres signaux.-
Bonjour Louise, merci pour ton commentaire! 🙂
Effectivement, être à l’écoute de son corps et de ses besoins permet une alimentation variée, de qualité et une plus saine relation avec la nourriture. C’est logique quand on pense que le contrôle amène bien souvent une perte de contrôle à un moment ou un autre.
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Super article Caro! C’est une très bonne réflexion sur la manière dont on gère notre alimentation.
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Votre article est très intéressant. Avez-vous des recettes qui contiennent très peu de sel car mes reins sont à 16 % ?.
Je vous remercie à l’avance.
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Bonjour Lise, merci pour votre commentaire. Toutes les recettes peuvent être réduites en sel. Il suffit de ne pas en ajouter à la préparation ou à la cuisson et de privilégier des conserves réduites ou sans sel pour les ingrédients qui en contiennent (des tomates en dés par exemple).
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Je suis contente d avoir lu ton article cela me fait prendre conscience pourquoi j ai des hauts et des bas dans l alimentations.merci

Moi, c’est Caroline Cloutier !
Je suis diététiste-nutritionniste depuis près de 10 ans et j’aide les gens à manger librement. Ici, je vous partage des réflexions bienveillantes et mes inspirations gourmandes pour vous aider à manger, sans casse-tête, sans culpabilité.
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